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Une lettre.
Une longue lettre adressée par un jeune vietnamo-américain, Little Dog, à sa mère analphabète. Telle est forme que prend ce roman autofictif, une déclaration d’artiste qui explore le pouvoir de l’écriture.  
Réfugié à l’âge de deux ans aux Etats-Unis, Little Dog raconte son existence liée à la violence. Violence d’une guerre qu’il n’a pas connue mais dont sa filiation porte le sceau. Violence d’une enfance entre une mère, employée dans un bar à ongles, brutale et colérique et une grand-mère schizophrène. Violence de la discrimination et du racisme envers un « yellow-white », violence des dérives des conduites addictives.
Little Dog raconte aussi la découverte, à quatorze ans, de son homosexualité et du plaisir, avec Trevor, un Red neck qui travaillait avec lui dans une plantation de tabac. Une relation elle-aussi frappée de violence après la mort de Trevor, à 22 ans, d’une overdose.

Écrit dans une langue magnifique et poétique, ce récit peut surprendre par sa construction, une succession de paragraphes brefs, sans réelle chronologie, parfois inégaux, comme autant de moments d’errance, de désespérance, mais aussi de « brefs instants de splendeur ».
Et puis, il y a cette intensité et cette liberté du dire, le chaos des fils qu’il déroule pour tenter de se construire.
Une prose solaire, particulièrement dans le récit de sa découverte du désir : des mots envoutants, à la douce violence, des mots que l’on relit, bercé par le rythme des métaphores.

S..

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