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Biopic espagnol réalisé par Isabel Coixet adapté du livre Elisa y Marcela : Más allá de los hombres de Narciso de Gabriel.

Galice, fin du 19e siècle.

Marcela est envoyée par son père alcoolique et violent, dans un pensionnat dirigé par des religieuses. Le jour de sa rentrée, elle est guidée par Elisa, la nièce de la directrice et élève de troisième année. Très vite, les deux jeunes femmes se lient d’amitié, passant le plus clair de leur temps ensemble. Elles partagent leurs rêves, leurs aspirations, mais aussi leur passé douloureux. Cette amitié évolue rapidement vers une profonde attirance. Le père de Marcela la remarque et décide d’éloigner sa fille à Madrid. Elle devient enseignante, tout comme Elisa. Le temps et la distance n’altèrent en rien leur amour. Elles se retrouvent trois ans plus tard, chacune enseignant dans des villages proches. Après des retrouvailles passionnées, elles emménagent ensemble, bien décidées à vivre leur amour dans le secret. Cependant, leur complicité éveille les soupçons des villageois conservateurs et catholiques. Ils retirent peu à peu leurs enfants de l’école. Lors d’une fête, Andrés, un bucheron, invite Marcela à danser. Pour ne pas attiser la suspicion, elle accepte. Andrés remarque le regard jaloux d’Elisa, particulièrement lorsqu’il frappe chez elles pour inviter Marcela à un autre bal. Elisa est agressée peu de temps après lors d’une promenade en forêt. Les deux jeunes femmes mettent alors au point un subterfuge qui leur permettra de vivre leur amour sereinement. Elisa part quelque temps et Marcela couchera avec Andrés pour taire les rumeurs. Elisa revient travestie en Mario, et demande au prêtre de la paroisse de l’unir à Marcela. Le 8 juin 1901, le mariage est prononcé plus d'un siècle avant la légalisation du mariage pour toustes en Espagne. Cependant, les soupçons persistent et le prêtre fait examiner Elisa/Mario par un médecin. Celle-ci plaidera l’hermaphrodisme. C’est la grossesse de sa compagne qui les sauvera. Craignant des représailles, elles s’enfuient à Porto. Leur existence est à nouveau bouleversée lorsque la police fait irruption dans leur appartement : Marcela, dont la grossesse est déjà bien avancée, est emprisonnée. Elisa tente de plaider à nouveau l’hermaphrodisme auprès du commissaire Alcaide. Marcela met au monde en prison une petite fille, Ana. L’histoire est médiatisée et soulève une vague de soutien dans le pays. Le gouverneur gracie alors Marcela. La fuite en Argentine semble être la seule solution pour les deux femmes pour vivre sereinement leur amour. Marcela prend alors la douloureuse décision de confier Ana à l’infirmière de la prison avant son départ.

Sensuel et militant sont les deux termes qui viennent de suite à l’esprit au sujet de ce long métrage en noir et blanc lumineux.

Militant dans la dénonciation d’un carcan sociétal, de cette soif de liberté d’aimer. Militant aussi lorsque le film se termine sur un décompte des pays où l’homosexualité constitue encore un crime.

Un film sensuel… délicieusement sensuel porté par un travail sur la photographie d’une grâce exquise. Les scènes d’amour lesbien sont magnifiques, la scène des retrouvailles des deux jeunes femmes étant certainement une des plus belles scènes d’amour lesbien qu’il m’ait été donné de voir. La caméra se fait complice du jeu des regards, de la délicatesse des gestes. Les corps nus sont exposés avec une impudique pudeur, les peaux caressées par les ombres mises en lumière par le choix de plans serrés. D’un point de vue strictement cinématographique, on pourra signaler quelques maladresses mais insignifiantes au regard de la qualité du film.

A noter, le mariage d’Elisa et Marcela n’a jamais été annulé…

A voir !

S..

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