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Notre association a animé deux débats lors de la projection du film JIM QUEEN le mardi 7 juillet 2026 à Villers-Cotterêt (cinéma Les Clubs) et le mercredi 8 au CGR de Saint-Quentin, en présence de 90 personnes en tout. Le film a connu une certaine médiatisation dans la presse, ce qui explique peut-être le succès rencontré. En tous cas, la plupart des personnes présentes se sont montrées très enthousiastes lors des projections, applaudissant lors des deux séances. Les discussions ont valorisé la capacité à nous faire rire par l’autodérision et une forme de critique à l’égard de certains traits pas toujours sympathiques, propres à la « communauté » des hommes gays blancs et parisiens. Le film dénonce également l’homophobie politique à travers la caricature d’une ministre de la santé antiwoke, qui emprunte très clairement au personnage de la très conservatrice et catholique Christine Boutin.
Jim Queen met en scène la rencontre de deux gays que tout « oppose » : Jim, archétype du gay « parisien » bodybuildé obsédé par son corps, centré sur lui-même et sa réussite en tant qu’influenceur, et Lucien, « twink » séquestré par sa mère, ministre de la Santé particulièrement homophobe. Le film d’animation use de pédagogie pour permettre aux spectateurices de s’immerger dans cette « communauté » plurielle aux codes spécifiques et donc inconnus du plus grand nombre. Grâce à la Drag queen Glamydia, une Sœur de la Perpétuelle Indulgence, Lucien découvre un milieu qui lui est totalement étranger, mais qu’il rêve de connaître : les bears, les fétichistes, les bdsm,… Toute cette mouvance homosexuelle est confrontée à un grave danger : une épidémie d’hétérose, avec des références à l’épidémie de VIH/SIDA, mais aussi de Covid (un scientifique répondant au nom de Ragoult cherche à développer un antidote, la chloroqueer…).
Le film, très drôle, multiplie les clins d’œil et les blagues, les références à des pratiques sociales ou sexuelles spécifiques, mais semble avoir la capacité à dépasser la stricte cible communautaire en plaisant également à des hétéros.
Lors des débats, un questionnement a porté sur les problématiques de représentation et d’invisibilisation des lesbiennes et des trans notamment, le récit étant centré sur les gays du Marais à Paris, ou encore sur la représentation très « dure » des chemsexeurs, en zombies. Néanmoins, le sujet du film portant sur le milieu homosexuel masculin parisien, il est difficile de lui reprocher de ne pas parler des lesbiennes ou des trans… Quant à la question du chemsex, à partir du moment où les auteurs se sont lancés dans l’autodérision, rien ne justifiait de ne pas rire des adeptes du chemsex (victimes bien souvent d’addictions) ou encore du BDSM. Tout le monde en prend pour son grade !
Le film imagine même une « Gaystapo », un groupe de gays fascisants qui met en place des thérapies de conversion pour contraindre les gays contaminés par l’hétérose à redevenir gays. De force !
Sous couvert d’une satire du milieu gay parisien, le film dénonce les ravages de l’hétéronormativité et d’une homophobie omniprésente dans notre société et tout particulièrement, pour les auteurs de cette comédie d’animation, à l’extrême-droite de l’échiquier politique.
Lors de ces deux séances, nous avons trouvé très touchants les remerciements appuyés de spectateurices, qui ont eu de toute évidence plaisir à « faire communauté » autour de ce film le temps d’une soirée.

G.

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