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Reykjavik, novembre 1918, Mani Steinn, 16 ans, suce un homme plus âgé au bord de la falaise. Orphelin élevé par sa grande tante, le garçon égrène les passes entre recherche de petits revenus et plaisirs partagés. Solitaire, Mani raffole de cinéma, la grande affaire de ce début de 20e siècle, une affaire qui divise la société entre partisans du grand écran et ses détracteurs, pour lesquels le film, de par sa nature même, provoque les pires désordres parmi la population. Steinn s’intéresse de loin à une fille fantôme qui l’a prise en sympathie, déambule au fil de ses errances déscolarisées dans la ville et ses alentours, promenades parfois illuminées de rencontres érotiques. Et bientôt, la grippe espagnole s’abat sur une ville figée dans une soudaine torpeur. Alors que les malades se comptent par centaines et que les menuisiers s’affairent autour des cadavres, le docteur Garibaldi recrute le jeune Mani et l'adolescente fantomatique pour s’occuper avec lui des vivants en mauvaise posture et des morts trop nombreux. Mani, le silencieux, découvre une autre ville, une autre vie peut-être aussi, croise d’anciens compagnons de jeux sexuels tarifés, sombre à son tour dans la maladie, éreinté par une fièvre hallucinogène.

Mais alors que l’épidémie reflue et que la ville reprend vie en fêtant l’Indépendance islandaise nouvellement acquise sur le Danemark, le jeune homme et un beau marin danois sont pris en flagrant délit d’indécence. Quelle condamnation infliger à Mani ? L’Islande peut-être admettre sur son sol une telle dépravation ? Et au fond, qui est vraiment Mani Steinn ?

Pour ce récit romanesque très poétique, aérien et presque silencieux, l’écrivain Sjon s’inspire du destin d’un de ses frères, marin, alcoolique, homme de livre, socialiste et homosexuel, mort du sida en 1993...
Un récit plein de tendresse pour ce garçon aux origines incertaines, un garçon qui n’existait pour personne ou presque, un garçon animé d’une puissante passion pour le cinéma, et que nul, à l’époque, ne semblait vouloir aider à trouver un chemin de vie. Mais que l’homophobie du temps va permettre de trouver un nouveau départ…

G.

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