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Exodus International voit le jour à la fin des années 70 et devient la plus grande organisation de thérapie de conversion au monde, promettant à ses adeptes de les « libérer de l'homosexualité par la grâce de Jésus-Christ. ». D’autres organisations regroupées dans le label Ex Gay verront le jour.

Ce documentaire, sorti en 2021, dresse le portrait de plusieurs personnes qui ont, soit été victimes des pratiques visant à les guérir de leur orientation sexuelle, soit été dirigeants de ces organisations.

A l’aide d’images d’archives et de témoignages souvent glaçants, la réalisatrice déconstruit les mécanismes des thérapies de conversion sexuelle et de genre aux USA et pointe les dérives sectaires des églises fondamentalistes ou associations liées aux milieux politiques conservateurs.

L’argument de l’hétéronormativité de la famille est mis en avant pour séduire des hommes et des femmes le plus souvent en désir de reconnaissance et d’assimilation dans un pays qui a fait du melting-pot un de ses fondements. Puis ces thérapies expliquent l’homosexualité par des problèmes psychologiques, le résultat d’un traumatisme dans la l’enfance ou des difficultés relationnelles avec les parents. Thérapies destructrices et nocives, prônées par des leaders sans aucune formation.

Leaders à la vie médiatique et aux discours parfaitement construits enfermés dans une vie de mensonge, et continuant à vivre leur sexualité à l’abri des regards.

C’est le troisième documentaire produit par Ryan Murphy pour la plateforme Netflix, après le savoureux Circus of books et l’attendrissant (mais inégal) A secret love.  Si l’on est ému par les témoignages, si l’institutionnalisation de l’homophobie est assez bien démontrée, le ressenti final reste très mitigé. En effet, le documentaire peine à prendre de la hauteur pour rester simplement informatif. Si les traumatismes induits par les « thérapies » sont évoqués, jamais ceux-ci ne sont développés. L’accent est mis sur la douleur des « repentis », peu sur leurs responsabilités. De petits arrangements avec la réalité. Les témoignages manquent aussi de contextualisation

A voir pour les images mais avec l’esprit critique donc.

S..

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