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Article très intéressant et émouvant à lire sur le site L'Orient-Le-Jour.com ;

« Mes parents voulaient me tuer, je ne pouvais pas rester » : persécutées dans des pays où l’homosexualité est réprouvée voire punie de lourdes peines de prison, des centaines de personnes LGBT+ originaires d’Afrique demandent chaque année l’asile en France. Rania Amdouni, 26 ans, a fui fin juin « le harcèlement et les menaces » dont elle était victime dans son pays, la Tunisie. « Des syndicats de policiers ont lancé une campagne de dénigrement contre moi, ils ont publié des photos et mon adresse personnelle », raconte la militante féministe et LGBT+, connue pour arborer perruques colorées et drapeaux arc-en-ciel en tête des cortèges prodémocratie. Fin février, elle a été interpellée dans un commissariat après avoir insulté des agents qui refusaient d’enregistrer sa plainte pour harcèlement. Condamnée en première instance à six mois de prison ferme, elle a été libérée après 19 jours de détention. « Être en Tunisie est dangereux pour moi », dit Rania Amdouni. L’ambassade de France lui a proposé un visa à sa sortie de prison, et elle a commencé une procédure de demande d’asile auprès de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

Lornah, 27 ans, originaire du Kenya, y a déposé son dossier en janvier 2020 et attend sa convocation pour un entretien. « Au lycée, je me suis fait surprendre en train d’embrasser ma petite amie par une surveillante. Nous avons été battues et humiliées publiquement. Mon père m’a emmenée à l’église chaque jour pendant trois mois pour extraire le “démon lesbien” qu’il voyait en moi », raconte la jeune femme. D’abord recueillie par une tante « très ouverte d’esprit », Lornah a finalement décidé de quitter le Kenya où l’homosexualité est un crime puni d’une peine maximale de quatorze ans de prison. « Je ne voulais plus vivre cachée. »

« Je vivais la nuit »

S’il ne tient pas de statistiques sur les réfugiés LGBT+, l’Ofpra relève dans un rapport publié en juillet qu’une dizaine de pays africains « confirment et amplifient leur représentation dans la demande d’asile en raison de ce motif ». En 2019, l’Ardhis (Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour) a pris en charge 768 demandeurs d’asile, dont 78 % venus d’Afrique.

Le Sénégal, où l’homosexualité est punie d’un à cinq ans de prison, était la même année le pays le plus représenté. « Dans mon pays, les homosexuels se font agresser, frapper dans la rue. Moi, je vivais la nuit. Mais un jour, mon père m’a attrapé avec mon copain, il voulait me tuer », confie Souleymane, Sénégalais de 25 ans, arrivé en France par la Méditerranée au terme d’un périple de plusieurs années. Jusqu’au 2 juillet, le Sénégal était considéré par l’Ofpra comme un « pays d’origine sûr ». Ses ressortissants faisaient l’objet de procédures accélérées et pouvaient être visés par une expulsion avant même l’examen de leur recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Le Sénégal comme le Bénin et le Ghana ont depuis été retirés de la liste, après une décision du Conseil d’État, motivée notamment par la protection des personnes LGBT+.

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